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Benny B, 30 ans après : entre nostalgie, succès et projets.

La star, actuellement en tournée avec Stars 80, nous a annoncé la sortie d’un single très bientôt. Une co-production réalisée avec 3 liégeois dont nous vous avions déjà parlé l’année passée, F-Man, Orb’s et Orblanc. Voici donc en exclusivité, l’interview qui vous en dira plus !

1. Comment est né le groupe Benny B ?

Alors, le groupe Benny B en lui-même n’existe pas, puisque Benny B c’est moi.

A la base, je connaissais Perfect et j’étais danseur avec lui. On avait un groupe, avec lequel on dansait un peu partout dans Bruxelles, et notamment à la Basilique de Koekelberg. Ce n’est qu’un peu plus tard qu’on a rencontré Daddy K, qui lui, était danseur au sol, danseur de break dance.

Un jour, j’ai commencé à écrire mes textes, et comme je connaissais Daddy K, qui était DJ à la base, j’allais travailler chez lui. En 89, j’ai participé à un casting, j’ai été retenu, et le producteur a voulu signer un contrat avec moi. Je lui ai demandé de former un groupe, avec Perfect et Daddy K, ce qu’il a accepté, et donc voici comment est né notre groupe. Au départ, afin de respecter les codes du rap de l’époque, soit, le rappeur et son DJ, nous nous appelions Benny B featuring Daddy K. Par la suite, pour raisons de facilité, les gens nous ont appelés les Benny B. Ensuite notre titre est sorti, et alors que l’on ne s’attendait pas du tout à ce qu’il devienne un succès, après 3 mois, on commençait déjà à l’entendre partout à la radio, puis l’on a fait nos premières télés.

2. On peut donc dire que cela a été une ascension rapide, vous avez débarqué de nulle part, et vous avez fait un titre à succès que tout le monde chantait et chante encore aujourd’hui. Comment avez-vous vécu ce succès soudain ?

Ce qu’il faut savoir, c’est qu’en 1989/1990, pour nous les jeunes, il n’y a pas de téléréalité, pas de matériel pour pouvoir produire le son comme les jeunes le font aujourd’hui, on n’avait pas cet esprit marketing dans notre tête, et on ne s’attendait vraiment pas à ce que cela aille aussi loin. Moi, je pensais simplement qu’on allait voir notre pochette chez le disquaire du coin, et entendre mon titre à la radio en Belgique, mais jamais, jamais je ne me serai douté que nous allions passer les frontières. Nous avons donc été très surpris, et je vous avoue l’être encore aujourd’hui. La chance, pour un artiste belge, c’est de passer les frontières, c’est d’être connu en France. Et encore aujourd’hui, je me dis que ce qui nous est arrivé, c’est incroyable. C’est une magnifique aventure, qui me surprend encore d’autant plus aujourd’hui, parce qu’au-delà du succès du moment, je ne m’attendais pas à ce que, 30 ans plus tard, on se rappelle encore du titre.

3. Aujourd’hui, avez-vous toujours l’impression d’être aussi connu qu’à l’époque ?

Oui, effectivement, quand je me promène à Bruxelles, ce n’est pas l’euphorie comme à l’époque, et tant mieux, mais c’est une autre approche, une approche plus mature. Il y a les

réactions de ceux qui me reconnaissent tout de suite, ça leur rappelle leur enfance, et puis il y a les réactions de surprise, de ceux qui avaient oublié, et qui, à un moment donné, me redécouvrent sur scène, et qui se lâchent totalement parce que tout leur revient d’un coup. Ici par exemple, je fais la tournée Stars 80, avec un public qui n’est à la base pas censé être le mien, et je me rends compte que ce sont quand même des gens qui me connaissent. Je suis toujours étonné, quand je vois face à moi, un public de 6000 personnes qui me répondent “OH OUI” lorsque je crie “Mais vous êtes fous !”. « Mais vous êtes fous » est devenu un classique, les gens connaissent le texte, par exemple, le “B.E.2N.Y.B”, tout le monde le chante, et curieusement aujourd’hui, c’est toujours la folie! Je ne fais plus la une médiatique, mais en tout cas, je suis resté dans le cœur du public, et ce, peu importe l’âge de celui-ci.

4. Après le succès Benny B, vous avez repris le cours d’une vie normale si l’on peut dire. Comment avez-vous vécu le fait d’avoir été au sommet, puis de retomber dans une vie plus calme ?

Ce qui s’est passé, c’est que moi et Perfect, on a travaillé sur un autre album, et Daddy K, quant à lui, a continué, avec ses anciens producteurs, à travailler sur d’autres singles. Donc, même si l’on était plus ensemble, on a continué à tourner chacun de notre côté, et je chantais “Mais vous êtes fous” lors de dates individuelles, comme je le fais encore aujourd’hui.

Et puis, c’était un peu une pause carrière volontaire, parce que je souhaitais trouver la mère de mes enfants et fonder une famille. Aujourd’hui, je me rends compte que j’ai bien fait, car j’ai deux garçons magnifiques de 15 et 12 ans, et s’il n’y avait pas eu cette rupture, je pense que la vie aurait été autrement. C’était donc le parfait timing à ce moment-là !

J’ai néanmoins continué à faire des dates, et même si ce n’était plus le même succès, c’était parfait parce que, quand on s’est séparé, on saturait un peu, et on a vraiment eu besoin de cette période pour ne pas être dégoûté.

5. En ce moment, vous êtes en tournée avec Stars 80, est-ce que cela ne vous dérange pas d’être associé comme quelqu’un qui a eu un succès à cette époque, n’avez-vous pas l’impression de faire partie de l’ancienne génération, et de ne pas trouver votre place aujourd’hui ?

Non, pas du tout. A la base, je suis danseur. Je suis un homme de la scène, et donc, ce qui est important pour moi, c’est de pouvoir prester sur celle-ci. Donc aujourd’hui, je peux vraiment dire que je suis heureux de pouvoir me produire devant un public.

Les gens ont raison de dire que Benny B est un artiste de l’époque car je n’ai pas sorti de nouveau single, mais aujourd’hui, je suis toujours sur scène. Quand vous avez la chance d’avoir le producteur d’une grosse tournée, si pas la plus grosse qui existe au niveau francophone, qui vous appelle pour en faire partie, c’est qu’il reconnait vos capacités, et ça, c’est très gratifiant. De plus, pouvoir tourner avec des artistes que moi-même j’écoutais quand j’étais petit, c’est un véritable bonheur. Si l’on ajoute à ça, l’accueil du public, je sais que je suis vraiment à ma place.

Oui, et en ciblant en plus, un public nouveau aussi.

En effet, il y a le public nostalgique, qui eux-mêmes, viennent avec leurs enfants, leurs petits frères et sœurs, et on est à chaque fois très étonné de voir le nombre de jeunes gens qu’il y a au concert Stars 80. C’est un public de partage, intergénérationnel, familial. Il faut savoir que tous les jeunes ne sont pas amoureux de ce qui se fait aujourd’hui, ou veulent simplement écouter autre chose, et le plaisir, c’est de voir que certains morceaux restent intemporels. Si les gens s’éclatent sur “Mais vous êtes fous” alors il n’y a aucune raison que cela s’arrête.

6. Concrètement aujourd’hui, on peut dire que vous êtes épanoui dans votre vie d’artiste, mais vous avez aussi de nouveaux projets. Vous êtes actuellement sur un titre avec F-man, Orb’s et Orblan, pouvez-vous nous en dire plus, qu’en est-il de cette collaboration ?

Alors avant ça, il faut savoir que je termine la tournée Stars 80 fin Juillet. Que dans cette tournée, j’ai eu la chance de prester au stade de France, ce qui, au niveau de ma carrière, a été la cerise sur le gâteau. J’ai touché les étoiles. Pouvoir chanter sa chanson au stade de France, c’est inoubliable. Le 1er juin j’étais au stade de Lyon, et je terminerai dans les arènes de Nîmes le 20 Juillet. Avec le même producteur, je viens de signer une tournée qui débutera le 31 Octobre et qui s’appelle “Born in the 90’s” et qui sera donc une tournée avec des artistes des années 90.

Et donc ici, oui, en l’occurrence, on parle de Chris, qui m’a un jour contacté pour me présenter une compo que lui et Sébastien avaient réalisé, ainsi qu’un jeune artiste qui s’appelle Orblanc, c’est son blaze. J’ai écouté ce qu’ils faisaient, et ça m’a beaucoup plu. Je me suis donc dit “Ah ben tiens, pourquoi ne pas travailler ensemble”. Je les ai ensuite rencontrés, on a discuté et en ce moment, on est sur une co-production ensemble, avec Chris, Séba et Lucas, alias Orblanc. Un morceau que j’ai co-écrit avec le jeune rappeur, et qui sortira prochainement. C’est vraiment un morceau très sympa, un titre de maintenant, qui va surprendre beaucoup de gens. En tout cas, on est tous hyper motivés, enthousiastes et impatients !

7. Je suppose que pendant toutes ces années, ce ne sont pas les demandes qui ont manqués au niveau musical. Pourquoi les avoir choisi eux, et maintenant ?

Oui, effectivement, j’ai reçu pas mal de demandes, mais aucune ne me correspondait. Et donc voilà, je les ai choisis eux tout simplement parce qu’ils m’ont proposé un titre qui me correspondait. Et en fait, à la base, ils m’avaient proposé un autre titre que j’aimais déjà bien, mais en écoutant celui-ci, j’ai littéralement flashé ! J’ai donc laissé tomber celui qu’ils m’avaient proposé au départ, pour travailler avec eux sur celui-ci.

Et donc, pourquoi aujourd’hui, et bien tout simplement parce que, comme je vous l’ai dit, j’ai testé d’autres titres avant, mais aucun ne correspondait à mon image, ni à celle des gens avec qui je travaillais. Aujourd’hui, je reviens au-devant des actualités, et du coup, ce titre, qui est à la base un pur hasard, arrive à point.

8. Où vous situez vous dans cette collaboration ? Plutôt comme la “star”, ou tout à fait sur le même pied d’égalité qu’eux ?

( Rire ) Non, non, il n’y a pas de star. Chacun amène sa petite pierre à l’édifice. Moi, quand je prends ma voiture et que je roule jusqu’ici pour travailler dans leur petit studio, je ne me prends vraiment pas pour une star. Ils ont énormément de talent, et ce n’est vraiment pas parce que moi, j’ai vendu des singles et que je monte sur scène, que je suis plus haut qu’eux. Je pense sincèrement que parfois, il y a des vrais artistes qui sont dans l’ombre, et qui ont plus de valeur que d’autres qui sont visibles. Ici, ce qui me plaît, c’est que ce sont des jeunes qui ont la même rage que j’avais à leur âge. Ils ont envie de bosser et envie de réussir.

On a toujours besoin de cette petite flamme, que moi-même, j’ai certainement perdue en cours de route. J’ai toujours l’excitation et la rage quand je monte sur scène et que je chante mon titre, mais cette flamme, cette envie de réussir, en studio, grâce à la création d’un titre, je viens de la retrouver grâce à eux. Dès que j’ai écouté le titre, ça a redémarré. Ils m’ont aussi apporté cette fraicheur, ce renouveau. J’ai énormément de respect pour les gens avec qui je travaille, et ils seront sur le même pied d’égalité que moi lorsque je parlerai d’eux. A aucun moment je ne les mettrai à l’écart, et jamais je ne parlerai de ce titre en parlant uniquement de moi. On est un groupe, on a bossé ensemble, et la réussite sera pour nous tous.

9. Aimeriez-vous continuer à travailler avec eux ?

Et bien ça c’est le destin qui va nous le dire. Je n’ai pas la prétention de dire, on à fait un titre, ça va cartonner et ça va durer. On a ce titre, en lequel on croit vraiment, et il est clair que si ça prend, on travaillera sur d’autres titres.

Ce n’est plus comme dans les années 80, où l’on signait un contrat et ensuite on était bloqué, aujourd’hui, il n’y a plus aucune règle. Le jour où ça ne va plus, et qu’on s’ennuie, on se dit au revoir et on se serre la main, pour eux comme pour moi. Mais en tout cas, là, pour le moment, ça marche, et on va certainement signer un deuxième titre, ensuite, on verra.

10. Quand va sortir le titre ?

Ici, on vient de le masteriser, et on le propose actuellement aux labels. Mais encore une fois, même si l’on est intimement persuadé d’avoir un très bon morceau, il y a plein de facteurs qui vont jouer. Va t’il plaire au public, aux labels, aux radios ? Aujourd’hui, il n’y a plus aucune règle de formatage comme auparavant. Il y a tellement de titres qui sortent, il y a tellement de styles différents, de concurrence, que l’on fait la musique au plaisir, on la lance, et puis advient ce qu’il advient. En tout cas, il est certain que si cela marche, c’est une superbe nouvelle aventure qui commence.

11. En quelques mots, comment vois-tu le Benny du futur ?

Toujours le même 😊 Il ne changera pas. Toujours les pieds sur terre. J’ai beaucoup de respect pour ce que je fais, pour les gens que je côtoie, pour mon public, ma famille, mes enfants. Je fais tout avec le sourire, jamais avec les pieds de plomb. J’aime réellement ce que je fais, ce que je suis, j’aime ma vie, je suis heureux, et c’est le plus important.

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Interview : Emmanuelle Defechereux