Radiation hotspot in Kashiwa @ Wikipedia

Le 11 mars 2011, un violent séisme, suivi d’un terrible tsunami dévastait la centrale nucléaire Fukushima Daiichi, au nord-est du Japon, à 200 km de Tokyo.

On se souvient des immeubles qui, pendant 2 minutes consécutives, tanguent. On se souvient de ce début d’après-midi où, pendant 2 minutes consécutives, tous les japonais se sont arrêtés, où tout le monde a retenu son souffle. La secousse, d’une magnitude exceptionnelle, est ressentie sur des centaines de kilomètres, déplaçant ainsi le pays de 2 mètres. Au nord du Pays, le seisme provoque un tsunami en pleine mer. Sur les côtes nord-est du Japon, des vagues de 14 mètres de haut submergent tout.

Elles pénètrent jusqu’à 10 km à l’intérieur des terres, ravageant près de 600 km de côtes. De nombreuses villes sont ravagées, martyrisées, la moitié de la population a littéralement disparu. Nous sommes moins d’une heure après le séisme et ce qui vient de se passer dépasse déjà l’imagination.

A 200 km de Tokyo, au bord de l’océan, protégée par une digue de 7 m de haut, les installations de secours de la centrale nucléaire de Fukushima se mettent en route. Comme prévu, les réacteurs se mettent à l’arrêt automatiquement et les systèmes de refroidissement, alimenté par des groupes électrogènes, se mettent en marche. Cependant, moins d’une heure après le tremblement de terre, une vague géante noie les armoires électriques et les groupes électrogènes de secours. Les réacteurs 1, 2 et 3 deviennent hors de contrôle et n’ont plus de système de refroidissement.

Earthquake and Tsunami damage, Japan-March 16, 2011

Le lendemain, en fin d’après-midi, le bâtiment numéro 1 explose à la centrale. Les autorités précisent qu’une légère fuite radioactive est présente, mais l’enceinte du réacteur est intact. Pendant la nuit, plus de 100 000 personnes sont évacuées.

À ce moment là, l’incident est classé 4 sur une échelle de gravité de 7. Cependant, le lendemain matin, le Japon déclenche la situation d’urgence. La panne dans la centrale dure depuis 48 heures et elle va encore s’aggraver. De fait, une deuxième puis une 3e explosion se fait entendre. 3 explosions en 3 jours, 4 réacteurs en surcharge, la crise nucléaire passe au niveau 6, un cran en dessous de Tchernobyl.

 

A security personnel closes a gate to an evacuation zone area damaged by the 2011 earthquake and tsunami in Namie, Fukushima

Depuis ce 11 mars 2011, 10 ans sont passés.

10 ans pendant lesquels 25 000 personnes ont déblayé les gravas radioactifs, arrosé les coeurs des réacteurs pour les refroidir, surélevé la digue pour éviter qu’un autre tsunami ne noie à nouveau les installations. 10 ans où il a fallu geler le sol sur 1,5 km de long et 30 m de profondeur pour éviter que les eaux de ruissellement ne contaminent les nappes phréatiques, et où il a été nécessaire de construire un mur imperméable de 900 m de long et 30 m de haut qui retient les eaux souterraines pour éviter qu’elles aillent dans les océans. 10 ans où les autorités ont mis en place un plan de nettoyage et de désinfection de la centrale ainsi que des habitations alentour.

Cependant, les habitants de Fukushima Daiichi restent les grands oubliés. Pour des milliers de personnes, cela fait 10 ans qu’ils sont partis de chez eux et qu’ils n’ont pas pu revenir. Honnêtement, je ne me sens pas capable de vous décrire ce qu’ils ont vécu, ce qu’ils ont vu ou leur situation actuelle. Je ne saurai vous dire ce qu’il ressentent, ce qu’il faudrait faire ou non ou comment les aider. C’est pourquoi c’est avec un grand honneur que nous avons décidé de leur rendre hommage en centrant ce Mag Liège Métropole autour de cette catastrophe nucléaire ainsi qu’en mettant en place une exposition à la Galerie d’art Liège où plusieurs artistes viennent partager leurs histoires.

Vous trouverez un article sur cette exposition plus loin dans le Mag Liège avec ci-dessous, un article qui se focalise sur Rouge C. Cette artiste propose des oeuvres en lien avec Fukushima et nous trouvions intéressant de vous en montrer un aperçu. Évidemment d’autres de ses oeuvres, ainsi que d’autres artsites sont à découvrir à la Galerie d’art Liège.

 

 

Sources :
11 mars 2011 Tsunami au Japon : le récit d’une catastrophe | Archive INA, https://www.youtube.com/watch?v=oZ3I5YRgn9A
FUKUSHIMA : 10 ANS APRÈS, https://www.youtube.com/watch?v=wpMABu4870U
Fukushima : 10 ans après, https://www.sortirdunucleaire.org/10-ans-de-Fukushima-plus-jamais-ca

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