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24 heures

Culture Liège

"O Belgique, ô mère chérie,
A toi nos coeurs, à toi nos bras,
A toi notre sang, ô Patrie !
Nous le jurons tous, tu vivras !
Tu vivras toujours grande et belle
Et ton invincible unité
Aura pour devise immortelle :
Le Roi, la Loi, la Liberté !
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Les Terrasses … encore !

Les Terrasses, ce sont, bien sûr et d’abord, les endroits que nous prenons d’assaut dès l’arrivée des beaux jours. Votre Mag vous y invite aujourd’hui et vous en  propose un grand choix !

Mais à Liège, « Les Terrasses », c’est aussi un parc de la ville, sur la rive gauche de la Meuse, dans le prolongement du Parc d’Avroy. Et avant de devenir un parc, l’endroit avait une histoire…

Le nom de nos rues nous le rappelle encore aujourd’hui, les quartiers de Liège ont été traversés par des bras d’eau pendant des siècles. Au fil des années, ces petits biefs étaient peu à peu devenus très encombrés, jusqu’à se transformer en égouts à ciel ouvert, de sorte que, dans la seconde moitié du 19e siècle, il était grand temps d’assainir la ville. De nombreux bras d’eau ont alors été comblés, une démarche visant aussi à réduire la fréquence et l’intensité des inondations, et à augmenter la surface habitable.

Ce remaniement des cours d’eau, nous le devons à Hubert Guillaume Blonden, l’ingénieur-directeur des travaux publics de la ville de Liège dès 1857. Il a profondément modifié l’aspect de la ville et de son fleuve et a profité de la rectification du cours de la Meuse pour créer une île et un vaste plan d’eau de quatre hectares qui devait servir de port urbain.
Mais l’île est restée un terrain marécageux  et le « Bassin du Commerce » – c’est ainsi qu’on appelait le port – était mal adapté aux activités économiques. Il allait peu à peu tomber dans l’abandon.

Toujours obsédé par le souci de moderniser sa ville, Blonden a alors décidé de remplacer le bassin par un quartier résidentiel de prestige autour d’un parc. À la fin des années 1870, on a ainsi créé deux jardins à la française entourant deux pièces d’eau. On y accède aujourd’hui encore par quelques marches. L’ensemble surplombe ainsi la route : on l’a appelé « Les Terrasses ».

Peu avant 1880, des maisons de maître ont été construites dans le quartier en suivant la mode architecturale de l’époque, le style « éclectique », qui s’inspirait de différentes formes de construction plus anciennes et délaissées depuis. Ces maisons luxueuses étaient destinées à des familles riches qui y logeaient avec leurs enfants et leurs domestiques. Le temps aidant, le mode de vie a changé, et ces belles maisons ont peu à peu disparu pour faire place à des immeubles plus modernes… mais il nous reste encore, par exemple, les beaux hôtels à rotonde dressés aux angles de la rue Devaux.

Promenons-nous maintenant le long du boulevard Frère Orban pour découvrir une oeuvre du sculpteur Jules Halkin entourée par des buissons de roses : « Le cheval de halage ». La statue fait face à la Meuse et évoque l’utilité de ce mode de remorquage des bateaux le long du fleuve. Elle fait partie d’un groupe de 4 sculptures sur des thèmes voisins, érigées vers 1885. Un peu plus loin le long de ce boulevard, au bord de l’autre parc des Terrasses, voici « Le cheval dompté », d’Alphonse de Tombay.

En face, le long de l’avenue Blonden, ce sont des boeufs qui ont été représentés, rappelant leur rôle dans les travaux des champs. Côté rue Devaux, c’est « Le boeuf au repos » du sculpteur liégeois Léon Mignon. Et à quelques pas de là, voici « Le dompteur de taureau », du même artiste. Dès l’installation de cette statue, la nudité du dompteur a provoqué un scandale parmi les bourgeois bien pensants et Joseph Demarteau, rédacteur en chef de la “Gazette de Liège”, considérait même qu’il s’agit là d’un outrage aux bonnes moeurs. Avec le temps, cette réaction puritaine a fait sourire, et les étudiants ont même baptisé la statue du prénom du journaliste, Joseph. La sculpture est appelée, en wallon, « Djôsef e li Torè ». Devenu le symbole du folklore étudiant, Li Torè est toujours à l’honneur lors de leur Saint-Nicolas et de la “Saint-Torè”, fête traditionnelle qui a lieu au mois de mars, juste avant la “bloque”.

Et ce n’est certainement pas un hasard si une marque de bière bien connue a adopté un taureau sur son logo, et si l’animal est aussi devenu le symbole de Liège, illustrant le slogan: « Liège, forcer l’avenir ! »

Avec le soleil revenu, nous prendrons plaisir à nous promener dans ces 2 parcs toujours si bien décorés. Les pelouses rases entourent les bassins découpés dont les jets d’eau offrent un doux murmure reposant. Tout autour, les arceaux de la roseraie sont chargés de fleurs…une découverte qui mérite bien une jolie photo ou un selfie ? Alors, bonne promenade au parc des Terrasses de Liège !

Josette Lamotte