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LA COLLÉGIALE SAINT-BARTHÉLEMY …LAISSEZ-VOUS SURPRENDRE !

Avec ses tours jumelles, sa toiture à pans en losanges et ses couleurs
étonnantes au premier abord, la Collégiale Saint Barthélemy est sans aucun doute l’un des points de repère les plus connus dans le paysage de Liège et l’une des plus belles découvertes à faire dans le centre historique.

L’église date du début du 11e s, quand Liège était déjà dirigée par des princes-évêques dépendant de l’Empire germanique. Pour flatter l’empereur Henri II, Godescalc de Morialmé, prévôt de la cathédrale Saint-Lambert, fonde une église dédiée à Saint Barthélemy, le saint pour lequel l’empereur avait une vénération particulière. Il espérait peut-être ainsi être désigné comme prince-évêque ?
Elle est construite en grès houiller, et c’est la seule des 7 collégiales de Liège qui a conservé son véritable caractère roman. A l’origine, son décor intérieur était très simple : des colonnes enduites, en grès houiller aussi, un plafond de bois et des entrées latérales. Mais la construction s’est poursuivie par celle des tours jumelles et du massif occidental, un second choeur orienté à l’ouest, que l’on appelle le Westbau. Petite parenthèse, au Moyen Age, le choeur des églises est toujours orienté vers l’est, parce que c’est là que se lève le jour, en chassant les ténèbres et en repoussant les forces maléfiques. Qui forcément vont réapparaître à la tombée du jour, à l’ouest. Donc le Westbau n’a pas de porte, pour protéger l’église de Satan !
Au 18e s, ces croyances ont disparu, et on perce le Westbau d’un portail qui permet d’entrer dans l’axe de l’église. L’intérieur est alors redécoré dans le style baroque, avec cette surcharge décorative qui était en vogue à l’époque de la Contre-Réforme.

A la fin du siècle passé, l’église était fortement dégradée, surtout à l’extérieur. Le grès houiller s’était détérioré au fil des ans, et il était grand temps de le stabiliser. Des études archéologiques ont alors permis de découvrir des traces de peinture qui avaient disparu avec le temps, et ces recherches ont clairement montré des similitudes avec les couleurs des églises de la vallée de la Lahn en Allemagne.

L’extérieur de l’église a donc été repeint en respectant ce que l’on pense être les couleurs d’origine, tandis que l’intérieur, peint en gris pâle, a maintenant, autant que possible, retrouvé le caractère plus sobre de la collégiale du Moyen Age. Mais les autels richement décorés datant de la restauration du 18e siècle ont été conservés.

Avec ses vitraux, ses peintures de l’école liégeoise des 17e et 18e siècles, l’église à elle seule mérite votre visite. Mais le chef-d’oeuvre qu’il faut voir absolument, ce sont évidemment les fonts baptismaux.
Ils proviennent de Notre-Dame-aux-Fonts, une petite église autrefois accolée à la cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Lambert. Elle datait du 10e siècle et a été un moment la seule à Liège a pouvoir conférer le baptême. C’est au début du 12e s que ces fonts ont été commandés par l’abbé Hillin, chanoine de Notre-Dame-aux-Fonts. Et même si différentes théories ont été proposées quant à la source exacte de l’oeuvre, son origine mosane et sa présence à Liège depuis plus de mille ans ne font désormais plus aucun doute. Durant les troubles révolutionnaires de la fin du 18e s, la cathédrale a malheureusement été détruite, ainsi que Notre-Dame-aux-Fonts, évidemment. Heureusement, la cuve baptismale a pu être cachée, avant d’être installée dans l’ancienne collégiale Saint-Barthélemy devenue église paroissiale après le Concordat. Le couvercle a cependant disparu lors de ce déplacement.

La cuve reposait à l’origine sur 12 boeufs, mais 2 ont disparu (en même temps que le couvercle). Ces boeufs orientés par trois vers les quatre points cardinaux représentent probablement les douze apôtres et symbolisent leur mission dans le monde : « Allez, enseignez toutes les nations et baptisez-les».

Sur la cuve proprement dite sont représentées, séparées par des arbres stylisés, des scènes qui illustrent l’Ancien et le Nouveau Testament. Toutes mettent en valeur le thème du baptême et chacune est décrite par une inscription en latin gravée dans le laiton. Les guides bénévoles de Saint-Barthélemy vous en parleront avec plaisir lors de votre visite à la découverte de cette oeuvre magnifique, l’une des 7 merveilles de Belgique.

Touristes ou Liégeois, si vous n’êtes pas encore passés par notre Collégiale Saint-Barthélemy, venez vite la visiter…vous ne serez pas déçus !

Josette Lamotte