Liège. Son tissu économique, culturel et associatif. Ses monuments, ses bâtiments, ses fêtes et ses grands événements. Derrière toutes ces initiatives, toutes ces réalisations et tous ces projets, il y a toujours des hommes et des femmes. Focus sur ces initiatives qui « font » Liège et sur celles et ceux qui y contribuent.

NOM DI GIN

La maison Halleux fait partie des enseignes bien connues de tous les Liégeois et ce, depuis plusieurs générations. Active depuis 80 ans dans la vente de vêtements de travail et d’EPI (Ndr : équipements de protection individuelle), elle est installée aujourd’hui à Rocourt et fournit nombre de sociétés de la région ainsi qu’une multitude d’écoles techniques et professionnelles. A la tête de cette institution, on retrouve Alain Joiret qui, nous allons le voir, est sur le point de concrétiser un projet bien éloigné des salopettes et des gants de travail.

En effet, si son activité professionnelle correspond à son parcours académique, à chercher du côté des HEC, notre Flémallois d’origine a depuis toujours deux passions bien différentes : les voyages et les épices. Ainsi, le Népal, la Bolivie, le Vietnam, le Pérou, l’Espagne et l’Inde ne sont que quelques exemples des nombreux pays d’où Alain a ramené des épices, des huiles d’olive rares ou, encore et tout simplement, des amandes. Un peu logiquement, c’est en cuisine, et après trois années de cours du soir à l’IFAPME, qu’il les a d’abord utilisées, goûtées et mélangées.

Il a eu ensuite envie de les transformer. Et puis, évidemment, un jour et par association d’idées, tout s’est mis en place : il allait faire de l’alcool, du Gin plus précisément. C’est ainsi que le « Nom di Gin » est né et qu’il sera lancé officiellement le 20 septembre prochain lors de la prochaine édition du Walhardent.

Alain Joiret

Le Gin, nous décrit Alain, c’est 50% de baies de Genévrier auxquelles on ajoute à peu près n’importe quoi. Le sien, sans dévoiler de secrets de fabrication, sera composé de Coriandre, d’Hibiscus, de Cardamone et de quelques autres ingrédients. Nous l’avons goûté, ainsi que quelques professionnels du secteur et il n’y a pas à dire, Alain Joiret tient quelque chose !

Si vous avez envie de croiser Alain en ville, il faudra, tout comme lui, soit flâner du côté de la Place du Marché et en Neuvice, soit aller acheter votre pain au levain au Temps des Cerises dans la Rue du Palais ou encore vous laisser tenter par une des douceurs de Saperlipopette, à deux pas de là, dans la Rue des Mineurs.

www.shop.halleux-be.com
www.nomdigin.be

LE FESTIVAL DES ARTS DE COINTE

5000 entrées d’atelier lors du dernier weekend de Pentecôte, une activité qui a permis à plus de 100 artistes d’ouvrir leurs ateliers ou d’exposer, une quatorzième édition couronnée de succès qui en annonce déjà une quinzième qu’il ne faudra rater sous aucun prétexte : pas de doute le Festival des Arts de Cointe est devenu l’un des grands rendez-vous culturels liégeois.

Derrière cette organisation sans faille, il y a bien sûr une équipe, particulièrement dynamique, composée de 6 personnes mais il y a aussi Béatrice Libert qui, nous allons le voir, n’est pas à un projet près, loin s’en faut.


Béatrice-Libert

« J’ai un projet par jour » me confie-elle ce matin-là au Capuccino. Il est vrai qu’entre ses nombreux déplacements à l’étranger, ses publications, ses ateliers d’écriture et sa double casquette d’éditrice et d’artiste touche à tout, le moins qu’on puisse dire, c’est que les journées de Béatrice Libert sont bien remplies.

« Je suis poète jusque sous les ongles. J’écris comme je jardine » écrit-elle dans l’une de ses publications. La formule est plaisante, captivante, séduisante même. Je l’évoque avec elle. « Les jardins, c’est toute ma vie » poursuit-elle dans un sourire. Initiée très tôt à l’art sous toutes ses formes par son institutrice primaire, elle grandira ainsi à Amay, entre arts et jardins.

A tout juste 19 ans et demi, elle débute sa carrière d’enseignante à l’Institut Ste Julienne de Fléron. Parallèlement, elle est à l’initiative de divers projets pédagogiques innovants, d’ateliers d’écriture et aussi de cours de théâtre.

Elle écrit aussi, beaucoup. Publiée pour la première fois, à compte d’auteur, en 1979, elle est l’auteure d’une septantaine d’ouvrages de poésie, d’essais, de romans mais aussi de livres d’artistes. Poète, nouvelliste, critique, conférencière, essayiste, interprète, Béatrice Libert est aussi peintre. Artiste pluridisciplinaire, elle collabore avec de nombreux artistes, partageant son art avec d’autres peintres, des musiciens ou encore des photographes.

Cet article, à défaut d’être exhaustif, n’aura été qu’une invitation à découvrir ou à redécouvrir cette artiste liégeoise de talent. En attendant la prochaine édition du Festival des Arts de Cointe, planifiée du 07 au 10 juin 2019, et en guise de conclusion, je partage avec vous un passage de son récit autobiographique « Une enfance au creux des mots » paru en 2011 aux éditions Couleurs Livres :

« La Meuse coule en moi. Depuis l’aube. C’est mon fleuve intérieur. La matrice de mes voyages. J’ai grandi sur son flanc gauche, à hauteur d’un méandre où ses eaux jappent contre la berge. Désobéissante, vigoureuse, sujette à des sautes d’humeur, elle me ressemble (…) Moi, depuis l’enfance, je m’emmeuse »

www.cointe.org
www.beatrice-libert.be

Benoît Beenkens

© crédit photo: Mananga Simon