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AUTOUR DU MONT-SAINT-MARTIN

Aujourd’hui, votre Mag vous invite à une nouvelle promenade hors des sentiers battus. Depuis l’Opéra, grimpons la rue Haute- Sauvenière. Sur notre route, voici la Bouffonnerie, qui nous propose des soirées d’exception mêlant le rire à la gastronomie : « Bien manger, bien boire et surtout bien rire…Le tout dans un même lieu », telle est leur devise.

Juste à côté, la Maison de la Presse et de la Communication accueille des journalistes et des professionnels de la communication pour des conférences, de presse ou autres. Même si les caves extérieures aux actuels bâtiments en sont les seuls vestiges, le site a été occupé par les chanoines de l’église Notre Dame d’Aix au 14e siècle.

Nous voici enfin arrivés dans le quartier du Publémont, cette colline qui se trouvait à l’intérieur de la première enceinte de la ville dessinée par Notger dès le 10e siècle. Depuis l’Ouest, on y accédait par la porte Saint-Martin.
Elle était entourée par la Sauvenière, un bras de la Meuse, et par la Légia, qui descendait d’Ans.

C’est là que, selon la légende, le chevalier Radus des Prez avait fait construire un château qui dominait la ville entière. Perpétuellement
soucieux de la sécurité de la ville (et de celle des princes-évêques !), Notger ne voyait pas ce château d’un bon oeil, et, toujours rusé, avait trouvé le moyen de le remplacer par une église en l’honneur de la Sainte-Croix.

De la collégiale primitive de Notger, il ne subsiste qu’un fragment de mur en grès houiller, dans la façade extérieure derrière l’abside. L’église
actuelle a été élevée entre la fin du 12e et le début du 13e siècle, avec un second choeur à l’ouest, sur le modèle des églises rhénanes. Son style s’inspire à la fois du roman et du gothique, et elle a été fortement restaurée au 19e siècle.La nef et les collatéraux sont d’égale hauteur, et soutenus par des colonnes très élancées,ce qui élargit fortement l’espace. L’église est
lumineuse…

Comme celle de Saint-Denis (voir le Mag n° 47),c’était l’une des sept collégiales de Liège avant la révolution liégeoise et l’annexion française en 1797.

En raison de son état de délabrement, l’église est fermée au public depuis 2005. Sauf accès
exceptionnel lors d’une visite, vous ne pourrez la voir que de l’extérieur, derrière les échafaudages installés pour la sécuriser. Dès octobre 2013, elle a été inscrite sur la liste de 67 monuments en danger dans le monde, établie par le « Fonds mondial pour les monuments ». Les « Amis de la collégiale Sainte-Croix » se sont eux aussi
mobilisés, avec une belle opiniâtreté et leur appel a fini par être entendu. Désormais l’espoir est revenu : Sainte-Croix sera sauvée ! Mais le chantier est gigantesque. Il représente un premier investissement d’au moins 20 millions d’Euros, que le conseil communal de Liège a enfin validé au mois d’avril dernier.

Dès le second semestre de cette année 2019, en principe, on pourra poser une toiture parapluie(comme à Notre-Dame de Paris) qui permettra une réfection du toit et la préservation de l’intérieur de l’église contre la pluie. Le chantier en lui-même devrait durer au moins 10 ans. Mais à terme Sainte-Croix devrait devenir un lieu de rapprochement entre chrétiens d’Églises différentes, et elle aurait une affectation touristique et culturelle.

En montant en douceur le Mont Saint-Martin, nous découvrons de nombreux bâtiments repris sur la liste du patrimoine immobilier exceptionnel de la Wallonie. L’hôtel de Sélys-Longchamps
et l’hôtel des Comtes de Méan, par exemple, devenus une résidence hôtelière de luxe. N’hésitez pas à y profiter d’un moment de détente au spa ou à la piscine, ou à goûter l’excellente cuisine du restaurant Le Sélys. Vous pourrez même y « bruncher » le dimanche matin.

Nous entrons dans la collégiale Saint-Martin par la porte latérale. Au 10e siècle, l’évêque Eracle avait décidé la construction d’une église en l’honneur de saint Martin, qui l’aurait guéri d’une grave maladie. Il voulait faire de cette église la cathédrale de Liège, parce que la cathédrale Saint-Lambert menaçait ruine. Mais cependant l’idée contrariait le culte de saint Lambert, et Notger, successeur d’Eracle à la tête de l’évêché, a préféré lui conférer le simple statut de collégiale.

C’est dans cet édifice roman du 10e siècle qu’a été célébrée pour la première fois, en 1246, la fête de l’Eucharistie (Fête-Dieu) à la suite de la demande de Julienne de Cornillon et de la recluse Ève de Saint-Martin. C’est aussi dans l’ancienne église que s’est produit un événement connu sous le nom de la måle Saint-Martin, dans la nuit du 3 au 4 août 1312. C’est alors que le peuple, soutenu par le chapitre de la cathédrale,avait mis le feu à la collégiale Saint-Martin dans
laquelle s’étaient réfugiés plusieurs dizaines de nobles qui sont morts dans l’incendie.

La première église du Moyen-Age a été remplacée par une nouvelle église de style gothique au 16e siècle, lorsque Erard de la Marck est devenu Prince-évêque. Les matériaux utilisés sont variés : colonnes en calcaire, reste de l’édifice en pierre de sable ivoire. La voûte du choeur, en briques, est moins élancée que celle de la nef, et ressemble beaucoup à celle
de l’église Saint Jacques, avec ses nervures entrelacées.

En entrant dans le choeur, on remarque les stalles en chêne dans laquelle s’installaient les chanoines lors des offices. Au fond, le vitrail central, daté de 1526, a été offert par Erard de la Marck devenu cardinal. Il représente la vie de Notre-Dame et le portrait du prince-évêque, protégé par Notre-Dame et priant l’enfant Jésus(1526). Tout en-dessous, les armoiries du prince évêque, couronnées – enfin ! – par le chapeau de cardinal…

Par un escalier logé dans la tourelle ronde accolée à la façade, on peut accéder au sommet de la tour carrée, en pierre de granit comme le reste. On y domine toute la ville !

En terminant cette seconde étape du Circuit des Collégiales de Liège,profitez de votre passage dans le quartier vous faire coiffer chez Lana ou chez Bueno et trouver d’autres atouts pour votre séduction chez Désir et moi.

Et si la balade vous a donné faim, à vous de choisir : le restaurant de l’hôtel, le Sélys, une Pizza chez Pizza à Papa, un menu Brésilien chez Encontro Brasileiro, ou un repas dans une ambiance typiquement liégeoise Chez Philippe…Avec votre Mag en mains, voici une promenade culturelle qui ne vous décevra certainement pas !